Débutons par une définition :

Le silence n’est pas l’absence totale de son ou vibration acoustique, mais l’absence de perception d’un son par un être humain.

Devons –nous modifier alors  notre mode de perception ?

Est-ce vraiment nous qui sommes à l’origine de ce silence ?

Personne ne se pose jamais vraiment la question, étant tous tellement certain de la toute puissance de « notre volonté », je pourrai dire de nos pouvoirs et de notre libre arbitre.

Louis Claude de Saint Martin, l’Ecuyer d’Amboise, connu pour sa grande simplicité était moins péremptoire quand il pensait que l’homme de désir (celui qui est avide de se connaitre) qui possède tout en lui, ne sait pas, quand on ouvre toutes grandes les portes qui va entrer malgré toutes les précautions prises et il continue « pourvu que Dieu y vienne » et par conséquent, « qu’il ait nettoyé et orné la salle du festin, poli le miroir dont la pureté permet l’assimilation du reflet au reflété. »

Pareillement :

N’est-il pas dit par l’orateur lors de la réception d’un apprenti au moment de l’explication du tapis : « Vous avez devant vous l’effigie du Temple de Salomon…. Un haut mur entoure cet édifice et des 3 portes, 2 uniquement sont ouvertes…. Toute cette œuvre est une figure de notre secret….Le Silence en interdit l’entrée aux inconnus et les portes ne sont ouvertes qu’à ceux qui appartiennent à notre Ordre  et qui ont atteint l’entrée que par une régulière réception ». Nous remarquons également que le secret est lié au silence et que l’on nous ouvre ou pas les portes.

Sommes-nous toujours aussi sûr d’être à l’origine de notre silence. Contentons-nous d’aspirer à ce silence, engageons-nous sur le chemin, travaillons, montrons notre sincérité, notre confiance et nous nous connaitrons par sa reconnaissance.

Nous devons être une puissante intention ou comme en physique quantique une tendance à exister. Comme le disent aux même les scientifiques : «  le postulat d’une particule dotée d’une existence indépendante est convention certes commode, mais infondée. »

Que comprendre ?

« Tout simplement que des particules élémentaires loin d’être des objets sont des résultats toujours provisoires d’interactions entre les champs immatériels. »

Quelle analogie peut-on établir ?

Parlons des rapports et proportions avec lesquels on nous le dit assez dans la Tradition le monde est construit. En effet le résultat d’un rapport ou d’une proportion n’existe pas en lui-même. Il est l’interaction entre deux propositions. 1,618- le nombre d’or - n’existe pas. Il est sous-jacent à l’interaction de deux grandeurs. Seule l’observation de ce monde est à même de le rendre tangible et objectif. C’est divin.

Que fait Hercule lorsqu’il nettoye les écuries d’Augias  en détournant un fleuve ? Que fait-il en vérité ? Il s’agit du 9ème travail sur les 12 qu’il a à effectuer et 9/12 = 0,75 est un rapport particulièrement intéressant à connaître et à utiliser. Il est le carré de  √3/2, la hauteur d’un triangle équilatéral de côté 1.

J’aimerai revenir sur le secret lié au silence et parler un peu de mythologie.

Une légende romaine sûrement prise aux grecs dit que le dieu d’amour, Eros, avait fait présent au dieu du silence, Harpocrate, d’une belle rose lorsque personne n’en avait encore vue et qu’elle était toute nouvelle, afin qu’il ne découvrit pas les secrètes pratiques et conversations de Vénus, sa mère. C’est ainsi que naquit l’expression « sub- rosa » sous la rose qui signifiait sous le sceau du secret.

Au moyen âge, on la sculptait sur le haut du confessionnal et on la suspendait au dessus de la table des festins pour signifier que tout ce qu’on y entendait devait être gardé secret par les convives.

L’expression « sous la rose » elle, fut reprise par les sociétés initiatiques, notamment chez les compagnons.

Certains pensent également que la rose reçoit la lumière du Verbe.

Quel peut-être le secret ?

Peut-être est-il le chemin que nous empruntons pour aller de l’homme que nous sommes à l’homme que nous pourrions devenir. Ou bien comme toutes les sociétés à secret ou sociétés de mystères, ne s’agit-il que du chemin initiatique qui nous amène à la connaissance, qui nous fait tendre vers elle sans jamais l’atteindre car le savoir sacré ne saurait être vulgarisé sous peine de vouloir jouer aux dieux.

« L’homme sage cherche la vérité, l’imbécile l’a trouvée. »

Le contenu du secret se trouve dans la tradition qui le transmet pour certains qui sont à même de le comprendre.

Certains pensent que le  véritable secret maçonnique, incompréhensible et incommunicable est le lent et long processus de transformation intime, psychologique et morale du maçon durant toute sa vie maçonnique.

D’autres le place dans le monde d’accès à l’absolu ou à la Tradition ou le voit comme une gnose maçonnique.

J’aimerai bien conclure en vous lisant une définition du Secret selon Casanova :

« Les hommes qui ne se font recevoir franc- maçons que dans l’intention de parvenir à connaitre le secret de l’Ordre courent grand risque de vieillir sous la truelle sans jamais atteindre leur but. Il y a cependant un secret, mais il est tellement inviolable qu’il n’a jamais été ou confié à personne. Ceux qui s’arrêtent à la superficie des choses pensent que le secret consiste en mots, signes et attouchements, ou qu’enfin le grand mot est au dernier degré. Celui qui devine le secret de la maçonnerie car on ne le sait jamais qu’en le devinant, ne parvient à cette connaissance qu’à force de fréquenter les loges, qu’à force de réfléchir, de raisonner, de comparer et de déduire. »