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La Tradition 

 

A qui s’adresse cette tradition ?

 

Col 2-8 : « Prenez garde. Ne vous laissez pas séduire par la philosophie et ses trompeuses subtilités, qui s'inspirent des traditions humaines et des rudiments du monde, au lieu de s'appuyer sur le Christ

 

Marc 7-6/9 : « Jésus leur répondit : "Isaïe a joliment bien prophétisé de vous, hypocrites, lorsqu'il écrit : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. Vain est leur culte, puisqu'ils enseignent pour doctrine des préceptes humains. Vous délaissez les commandements de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes. Et Jésus ajouta : Vous violez bel et bien le commandement de Dieu pour maintenir votre tradition.»

 

Que disait déjà Socrate ?

 

 « Maintenant, crois-tu que tu sois un être pourvu de quelque intelligence et qu’ailleurs il n’y ait rien d’intelligent; et cela, quand tu sais que tu n’as dans ton corps qu’une parcelle de la vaste étendue de la terre, une goutte de la masse des eaux, et que sur l’immense quantité des éléments quelques faibles parties ont servi à organiser ton corps? Penses-tu que toi seul aurais eu le bonheur de ravir une intelligence qui, par suite, n’est nulle part ailleurs, et que ces êtres infinis, par rapport à toi, en nombre et en grandeur seraient maintenus en ordre par une force inintelligente? »

 

Xénophon, Mémorables, I, 4, 8

 

« Mais, Athéniens, la vérité est qu'Apollon seul est sage, et qu'il a voulu dire seulement, par son oracle, que toute la sagesse humaine n'est pas grand-chose, ou même qu'elle n'est rien; et il est évident que l'oracle ne parle pas ici de moi, mais qu'il s'est servi de mon nom comme d'un exemple, et comme s'il eût dit à tous les hommes : Le plus sage d'entre vous, c'est celui qui, comme Socrate, reconnaît que sa sagesse n'est rien. »

 

Platon, Apologie de Socrate, 23 a-b

 

La tradition désigne la transmission continue d'un contenu culturel à travers l'histoire depuis un événement fondateur ou un passé immémorial (du latin traditio, tradere, de trans « à travers » et dare « donner », « faire passer à un autre, remettre »). Cet héritage immatériel peut constituer le vecteur d'identité d'une communauté humaine. Dans son sens absolu, la tradition est une mémoire et un projet, en un mot une conscience collective : le souvenir de ce qui a été, avec le devoir de le transmettre et de l'enrichir. Avec l'article indéfini, une tradition peut désigner un mouvement religieux par ce qui l'anime, ou plus couramment, une pratique symbolique particulière, comme les traditions populaires ou maçonniques.

 

Dans le langage courant, le mot tradition est parfois employé pour désigner un usage, voire une habitude, consacré par une pratique prolongée au sein d'un groupe social même restreint (par exemple une tradition familiale).

 

Le concept de tradition revêt un sens différent dans le mot traditionalisme, qui représente une volonté de retour à des valeurs traditionnelles, et non de transmission d'un héritage à travers l'évolution historique. Le traditionalisme est l'opposé du progressisme. Il ne s'agit donc pas d'une notion directement liée à la définition première de la tradition.

 

Nous voyons apparaître une première problématique. Qu’est ce que le progrès ? Qu’est-ce que l’évolution historique ? Plus généralement peut- on opposer la tradition au progrès ?

 

Certains courants philosophiques modernes ont nié l'existence d'une nature humaine. C'est le cas, par exemple, du marxisme pour lequel la nature se réduit à « l'ensemble des rapports sociaux » (Karl Marx). Dans une même perspective, pour l'existentialisme français, « l'existence précède l'essence » (Jean-Paul Sartre), de sorte que, au sens strict, la nature humaine n'existe pas.

 

« Ce que nous observons n’est que l’apparence, l’expression, l’aspect ou les aspects d’autre chose, d’une essence qui est à la fois existence  d’un être non être. » S.I

 

Actuellement, plusieurs autres philosophes contemporains continuent de tenter de définir la nature humaine.

 

L’humanité a – t – elle un destin collectif ?

 

Cette notion de destin collectif a été développée au 18ème  siècle par les philosophes, à travers les notions de droit naturel. L'idée de destin collectif est contestée au 19ème siècle par Arthur Schopenhauer et Friedrich Nietzsche.

 

Le progrès est un mouvement, d’où le fameux « tout passe, rien ne s’arrête » des spirituels, des mystiques. Il est un développement linéaire primordial qui obligatoirement se dirige vers un but à atteindre indépendamment de son contenu. Pour les matérialistes, c’est la fin de l’univers, la mort ; pour les chrétiens entre autre c’est Jérusalem Céleste, la vie. L’opposition entre matière et esprit a un caractère je dirai d’universalité. On opposera toujours à la Cité des Hommes, la Cité de Dieu. « L'esprit pur et simple n'a ni forme ni figure visible aux yeux de la matière ». Discours d'instruction à un nouveau reçu élu Cohen.

 

Peut-on dire que vouloir imposer une vision particulière  à la multitude est signe de progrès en s’arrogeant le droit de dire que c’est bien et que tous ceux qui ne sont pas d’accord c’est mal ? On ne peut pas. Parfois c’est un progrès, d’autres fois cela n’en est pas un. Malgré tout on reste toujours dans le mouvement avec le terme avancé. Les avancées technologiques sont –elles sources de progrès ? Je dirai oui et non à la fois. La seule question  est de savoir si l’universel est à notre portée. On peut seulement aller à sa rencontre. Serions-nous condamnés au gris ? Mais alors qu’est ce que l’universel ? Est-il le bien commun à tous les hommes ? Est-il un enseignement origine qui s’est diversifié ? Est-il l’unique et seule vérité ? Le progrès est bon ou non, positif ou négatif pour l’homme bien entendu, pour son environnement c’est moins sûr. Dans ce cas nous invoquons soit un référentiel humaniste et libertaire pour certains ou soit un référentiel moral ouvert sur le sacré pour d’autres. Le progrès est pour le plus grand nombre avant tout technologique.

 

Qu’est ce que le bien, qu’est ce que le mal ? N’est ce pas tout simplement l’utilisation de l’intelligence au service de la Vie ou bien son utilisation qui la dessert ? Qu’est ce que la Vie ? Qu’est ce qui est bon pour elle ? Qu’est ce qui est mauvais pour elle ?

 

Ne pouvons nous pas écrire que le temps biblique, temps de l’Ame, est celui des faits spirituels dégagés de l’historicité linéaire matérielle des causes et effets qui par ailleurs n’est qu’illusion virtuelle, simulacre, car elle n’évolue que dans un schéma image pré établi où tout est là en même temps. Du fait même de la nature humaine identique à elle - même pour les siècles des siècles ne devons nous pas parler d’histoire cyclique plutôt que linéaire. Une génération chasse l’autre. Seul l’Esprit aurait une histoire ?  La caverne de Platon ne serait que la plus grande chambre noire que l'on ait jamais réalisée. Reprenant cette intuition de Paul Valéry, Jean-François Mattéi écrit que les images ont en effet pris le pouvoir. Censées initialement représenter le réel, elles se sont mises à le simuler, à le dupliquer, voire à l'absorber pour faire surgir une nouvelle dimension, celle du virtuel. Ou dit plus simplement : Un simulacre désigne une apparence qui ne renvoie à aucune réalité sous-jacente, et prétend valoir pour cette réalité elle-même. N’est-ce pas là rejeter Dieu qui nous a fait à sa ressemblance, à son image ?

 

En revanche, le temps de l’Ame est celui où les faits sont aussi bien présents et à venir  mais comme images miroirs d'une réalité intelligible qui leur confère consistance. Où est la réalité ? Sommes- nous virtuel ?

 

Le progrès d’une tradition ne concernerai-t-elle que l’évolution ou le progrès de la compréhension de son contenu et de son adaptation à la conscience collective du moment présent. Si non en restant bloqué sur des interprétations d’un temps passé tout n’est que tradition figé ou traditionalisme. Le message originel reste toujours présent, il ne fait que s’adapter. La structure et le support même du message restent pour moi intangibles. Vouloir les moderniser même graphiquement n’a aucun sens.

 

Pour en terminer considérons le terme modernité. Lui, aussi, il n’est qu’une notion de temps. En effet la modernité c’est ce qui est présent, ni plus ni moins. Le présent est-il une valeur en lui - même ? Peut –on dire que le présent surpasse en tout ce qui peut provenir d’hier ? Une tradition qui s’adapte, qui progresse, devient présente. En fait tout n’est que présent d’où la possibilité que de traditions anciennes et orales peuvent naître peu à peu des traditions modernes et écrites, à une autre époque, dans un autre espace.

 

La tradition dite universelle puisqu’elle doit s’adresser à tous se présente souvent sous différentes formes selon les pays, mais une tradition n'est pas toujours à l'échelle nationale, elle peut être familiale. La coutume est une histoire de localité, de région. Les traditions illustrent l'histoire des peuples

 

Pour  le christianisme, la Tradition (avec une majuscule) est la révélation continue, par le Saint-Esprit  de la Parole de Dieu à son Église. Le christianisme est une religion abrahamique fondée sur la vie et les enseignements de Jésus de Nazareth, le Messie d’Israël et qui se définit comme monothéiste.

 

Par « Tradition de l'Église catholique romaine », il faut entendre « tradition interprétative », c'est-à-dire le patrimoine commun aux catholiques constitué par le cumul des travaux des théologiens au cours des siècles.

 

Dans le bouddhisme, une tradition désigne, par extension, l'ensemble des pratiques, des idées et des connaissances d'une école du bouddhisme Dans le langage courant, il peut être utilisé également pour définir le tronc commun aux différentes écoles, voire l'ensemble de ces écoles.

 

Le judaïsme est une tradition définissant à la fois la culture religieuse et le mode de vie des Juifs, constitué des descendants des Israélites provenant de l'antique terre d'Israël et des quelques minorités les ayant rejoints par la conversion et s'étant mélangées à eux au fil de leur diaspora de deux millénaires. Selon ses textes fondateurs, en particulier le Tanakh , la foi des anciens Israélites et de leurs descendants, les Juifs, est basée sur une alliance contractée entre Dieu et Abraham, qui aurait ensuite été renouvelée entre Dieu et Moïse.

 

La tradition primordialeou mieux Premièreappelée aussi sophia perennis, est la connaissance universelle d'origine non-humaine d'où sont issues toutes les traditions spirituelles de l'humanité. La Tradition est d’origine divine, c’est une émanation de la sagesse divine, appelée aussi Eternelle Sagesse. Elle est ce qui relie l’homme au Divin. N’est véritablement traditionnel que ce qui explique un élément d’ordre supra-humain. C’est ce qui caractérise essentiellement la Tradition.

 

« Des Intelligences Supérieures ont dissimulé derrière une approche phénoménologique des cycles intangibles de la nature ou objective, des concepts scientifiques primordiaux. Ainsi, du fait même de ce procédé, l’interprétation de chaque époque restait toujours dans la signification première essentielle du message transmis.

 

Le jour, l’année, le mois n’ont pas systématiquement la signification temporelle humaine mais correspondent le plus souvent à des valeurs numériques qui leurs ont été attribuées.» S.I

 

L’histoire de l’Esprit qui n’est pas de notre dimension s’appuie sur des représentations humaines pour que nous puissions comprendre le message ou l’enseignement transmis.

 

La tradition ésotérique désigne – t- elle un ensemble de mouvements et de doctrines relevant d'un enseignement élitiste caché, souvent accessible par l'intermédiaire d'une « initiation » ?  Toute organisation traditionnelle a son origine dans la Tradition, et celle-ci lui fournit les enseignements. Chaque organisation traditionnelle est un sentier, une voie, un chemin, une échelle qui permet aux membres d’accéder à la Tradition. La Tradition est transmise surtout par voie orale, malgré l’existence d’écrits traditionnels car la Tradition est enseignée par la langue des oiseaux (langue primordiale parlée au Paradis)  que seuls les initiés sont susceptibles de comprendre. Cette langue s’identifie à la Tradition qui s’identifie elle-même au Verbe Divin.

 

Parlons- nous de la Gnose (du grec Gnôsis : connaissance) qui désigne un concept « philosophico – religieux » dans lequel le Salut de l'âme (ou sa libération du monde matériel) passe par une connaissance (expérience ou révélation) directe de la divinité, et donc par une connaissance de soi ? Peut-être que oui, car par gnose, on désigne des tendances universelles de la pensée qui trouvent un dénominateur commun dans la notion de connaissance.  Par la même, la gnose ancienne est une voie pour atteindre le royaume céleste à travers une quête spirituelle dans laquelle « l'homme doit faire la lumière à la fois sur ses origines et sa destinée. »  

 

L’homme terrestre en est- il capable de sa propre volonté ? Certainement pas.  Pourtant cela lui a été dit depuis son origine. L’homme terrestre doit mourir pour que l’humanité en gloire puisse naitre, s’élever.

 

Pour  le christianisme, la Tradition (avec une majuscule) est la révélation continue, par le Saint-Esprit  de la Parole de Dieu à son Église.

 

Nous prenons vraiment conscience d’un foisonnement. Eviter la dispersion et la confusion qui ne mènent nulle part. Restons fidèle à la Voie à suivre.  Que cherchons-nous en définitive ? L’immortalité ? Non, nous cherchons la Vie Eternelle. Qu’est –ce que la Vie Eternelle ? C’est Dieu. Nous cherchons Son Amour. Tout dépend de Lui.

 

Et en tant que chrétien : Galates : « 3:27 vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ ».

 

Le christianisme n’est pas une philosophie du bien être. Il est venu corriger les errances des initiations antérieures. 

 

N’est- elle pas là cette tradition première d’origine non humaine qui porte  la connaissance universelle ?  

 

« Dieu s’est révélé aux hommes. Ses prophètes ont prophétisé. Son Envoyé Suprême s’est  incarné. Rien n’y fit ! Ils se sont détournés. Douteriez-vous de la puissance de Dieu ? Ce qui arrive doit arriver selon sa Volonté, les hommes n’y sont pour rien. Il a agi pour ses enfants qui sont issus de Lui, qui croient en Lui et en son Envoyé, son fils, son premier né. Leur foi est pure comme de l’or. Ils n’ont jamais douté de Dieu, ne l’ont jamais renié. Ils seront Ses serviteurs, Ses prêtres. Ils auront connu Son Amour, seule et unique connaissance réelle.»S.I

 

Le Livre de la Parole n’est pas d’origine humaine. Il a été élaboré par des hommes inspirés par des Intelligences Supérieures. Maîtriser le futur, le planifier, c’est construire le présent, le dominer, intervenir ponctuellement pour l’orienter vers le but à atteindre, but déterminé en premier lieu : l’élévation.

 

 

Tradition

Colossiens

2-8 : « Prenez garde. Ne vous laissez pas séduire par la philosophie et ses trompeuses subtilités, qui s'inspirent des traditions humaines et des rudiments du monde, au lieu de s'appuyer sur le Christ

« C’est une sotte présomption d’aller dédaignant et condamnant pour faux ce qui ne vous semble pas vraisemblable » Montaigne

Le sens étymologique de tradition est : « Ce qui est donné par transfert. »

N’est ce pas la Lumière de Genèse porteuse de la Parole de l’Eternel que Jésus, son Envoyé Suprême est venue nous apporter ? Jésus n’est-il pas la lumière du monde ? N’est-il pas l’alpha et l’oméga ?

Il n’est fait aucune allusion à la nature de ce qui est transmis. La tradition est un moyen de transport. On nous décrit le moyen qui va nous permettre d’acquérir des connaissances sans préciser lesquelles.

La Tradition s’applique à la révélation divine consignée dans le Livre de la Parole ou les Ecritures Saintes. Elle ne s’appuie pas sur des mythes et des légendes. L’histoire de l’Esprit qui n’est pas de notre dimension s’appuie sur des représentations humaines pour que nous puissions comprendre le message ou l’enseignement transmis.

Des Intelligences Supérieures ont dissimulé derrière une approche phénoménologique des cycles intangibles de la nature ou objective, des concepts scientifiques primordiaux. Ainsi, du fait même de ce procédé, l’interprétation de chaque époque restait toujours dans la signification première essentielle du message transmis.

Le jour, l’année, le mois n’ont pas systématiquement la signification temporelle humaine mais correspondent le plus souvent à des valeurs numériques qui leurs ont été attribuées.

Il en est de même pour les dimensions linéaires, surfaciques et volumiques qui n’ont pas automatiquement la signification mathématique déduite mais correspondent le plus souvent à des valeurs numériques qui leurs ont été attribuées.

Les nombres contenus dans le Livre de la Parole ne sont-ils pas le support arithmétique universel de la connaissance juste et véritable transmise par écrit ?

La lumière, porteuse de la Parole de l’Eternel donnée par transfert d’informations n’est elle pas celle qui vient pour nous éclairer par l’implant de l’intelligence, de la parole et de l’image en ébauche dans le but de sauver le fils de l’homme en lui donnant l’entendement et l’image juste?

Le judéo-christianisme est Tradition. Elle est unique dans sa révélation. Elle n’est pas un « rameau détaché du tronc. » Jésus l’a accomplie et Lui seul l’a close. La conservation littérale de l’Ecriture a été confiée au peuple juif, le peuple élu, l'Eglise de Pierre devant maintenir vivant dans les évangiles le message du salut et d'amour porté par Jésus, fils de Dieu.L'ensemble forme alors  la tradition primordiale. L’Eglise de Jean, Jean que notre Seigneur aimait,  quand à elle, devrait la mettre à jour, la rendre intelligible en Esprit et vérité. Ne serait-ce pas notre époque ?